Expositions passées

SOLISTES D'ÉTÉ

Danillo Ganassin
Cadrage B.D, arrêt sur image cinéma, la nouvelle production, signée Danillo Ganassin, est on ne peut plus " tendance ". La B.D. est devenue un art à part entière et s'évalue très cher dans les ventes publiques. Les enfants d'Hergé ont le vent en poupe. La ligne claire principalement revient en force et s'impose aux cimaises. Balastra accueille ainsi un as en la matière. Un mordu de la case. Mais à quelques différences de taille ! Le format est celui d'un tableau. La case est unique, singulière. La narration est à imaginer à l'intérieur du cadre. Chaque personnage est à la fois différent et identique : il crève l'écran et interpelle abruptement le spectateur. Autoportrait hyper-dynamique, solitude à répétition, bolide ou rêveur pétrifié, l'individu peint par Ganassin est en proie au doute, à l'angoisse, à la fuite. Encerclé de couleurs violentes, il s'évade dans l'espace prodigieux de la page blanche, projectile éclatant dans la cible, bête humaine blessée au fond de sa cage à force d'avoir hurlé des questions sans réponse. Bande à part. Bande délaissée. Seul sur l'image. Rage du moteur sur la route. Case-toi, je fonce !

Béatrice Van Geel
Galaxie d'aiguilles d'or, rubans pailletés de rayons vifs, serpentins ensoleillés, spirales piquées de stries scintillantes, l'univers de Béatrice Van Geel est taillé au fin couteau lumineux, à l'ombre duquel rêvent ou monologuent d'étranges Pierrots lunaires. Leur histoire est celle du peintre, leur langage intime et muet est celui d'un cœur qui s'ouvre aux étoiles, aux astres de l'art, à l'infini des formes fourmillantes. Enigme étincelante, rébus de courbes et de pointes éparpillées, chaque tableau nous plonge dans un doux désert de sable céleste peuplé de voyageurs perdus dans leurs mirages. Paradis perdu, parole tue, épreuve du feu parti en fumée à l'horizon des illusions. Il demeure la cicatrice frémissante de l'épreuve, le grain secret de l'attente.

Gérard Beaucousin
Chorégraphes de cuivre, guerriers de bronze, grandes figures aériennes arquées dans des gestes de gloire, les oeuvres de Gérard Beaucousin se jouent un solo de sculpture étoile sur leur socle de danse classique. On retrouve avec ravissement les mouvements immortels du corps qui se déploie, s'élance ou virevolte, les angles, les plis, les poses savantes des membres multipliés ou simplifiés par la main du compositeur. Tout un orchestre de matières pétries patiemment, fondues et patinées avec le raffinement qu'elles méritent avant de s'éblouir sur la scène d'un théâtre de métamorphoses fascinées.

Texte: Michel Ducobu


Photographies : Benoit Mehaignoul