Expositions passées

SE CREER UN CHEMIN du 10 septembre au 2 octobre

Au faîte de son art, Jean Willame s'affirme comme un maître-sculpteur humaniste. Que ce soit l'homme, la femme, le couple, le groupe, le livre, la stèle, la lettre, chaque trait de ciseau dans la pierre ou le bois, nu ou polychromé, signifie son attachement profond à l'être. Primitif ou résolument moderne, élémentaire ou sibyllin, le sculpteur salue l'homme éternel, seul dans la masse de son destin laborieux, ou lié dans l'amour et la fête à ses semblables qu'il célèbre, en cortège intime, dans une ronde vigoureuse et harmonieuse tout autour du monde.

On reconnaît aisément dans la peinture de Luce Daniels la grâce, la luminosité, la richesse chromatique de la céramiste. Ce qui la caractérise en plus, sur ses toiles nouvelles, ce serait une attirance pour la fresque ancienne, le beau mur " romain " qui illuminait les riches villas de Pompéi. On retrouve ainsi, presque miraculeusement, les hautes figures féminines qui devaient ravir d'aise les convives amoureux des nourritures terrestres et charnelles. Luce, l'artiste de la lumière, celle qui brille dans le grand regard ouvert des dames du temps jadis. Du temps de jade…

Le travail de Pierre Carbonel , sans être de l'art brut, puisqu'il est le fruit d'une réflexion profonde et d'une expérience méticuleuse, rejoint néanmoins les productions chères à Jean Dubuffet et à ses compagnons du hasard et du spontané. La chimie complexe, liée aux caprices des matières laissées se répandre à leur g ré sur le papier, donne de ces figures archaïques impressionnantes qui rappellent l'art pariétal, d'où qu'il soit, des cavernes marines ou des hautes falaises du désert. Mais qu'on ne s'y trompe pas : Carbonel pourrait passer pour une sorte de maniaque manipulateur du visage et des corps ; il cache, en réalité, derrière son masque de rude chasseur ou de casseur de têtes, un formidable observateur de la précarité humaine.

Michel Ducobu


Photographies : Benoit Mehaignoul