Expositions passées

Je suis la terre et l’eau


Les aquarelles rigoureuses de Hubert De Vylder nous emmènent, comme ces magnifiques machines de papier imaginées par Jules Verne, au bout du monde, au bout de nos rêves. Voyageur passionné, amoureux fou de la mer et de ses merveilles, l' " aspirant " peintre de Marine belge (titre officiel…) nous offre, en même temps, un poème cousu de voile blanche et d'écume, un pur albatros baudelairien qui se pose sur ses pages frémissantes et nous parle, le plus simplement du monde, de la beauté souveraine de l'Océan.

Les titres que prête Caroline Servais à ses compositions de bois sculptées sont déjà une invitation à une lecture poétique : vague pommier / coussin bouleau / cercle pommier vieux cuivre / fleur-arbre sur socle… Ces associations quelque peu surréalistes révèlent en réalité un travail on ne peut plus concret et matériel : il s'agit ici de transfigurer une racine, un tronc évidé, une souche, une branche noueuse en œuvre d'art. On revient en somme à l'essence même de la démarche artistique : ce qui est naturel, primaire, dénué de valeur esthétique est gratifié d'une grâce inattendue et devient sculpture à part entière.

Magie du feu tout autour de l'arboret'hommes façonné par les mains imaginatives de Corine Linotte. Nés d'une double et lente cuisson qui laisse apparaître fumante l'oeuvre revêtue de ses stigmates de cendre, les créatures et les volumes d'argile semblent se mouvoir sur place, comme animés soudain d'une énergie mystérieuse. Spectacle primitif et troublant qui nous remplit de cette profonde surprise que durent éprouver les premiers découvreurs occidentaux de la céramique africaine.

Texte: Michel Ducobu


Photographies : Benoit Mehaignoul