Expositions passées

QUATUOR


Lucienne CAMUS nous subjugue avec ses sculptures de pierre, de marbre ou de bronze, taillées et fondues dans un élan à la fois vigoureux et langoureux, associant la témérité de la forme abstraite et le rappel émouvant d'une étreinte, d'un regard, d'une attitude qui font sens et nous interpellent intimement. L'art de sculpter l'inerte en l'élevant, entre le geste brut et la science du toucher, à un niveau d'existence et de présence qui frise l'éternel.

La peinture de Anne CLEREBOUT nous rappelle avec un plaisir évident la fraîcheur juvénile et sensuelle des Matisse nord-africains et ses arabesques folles et frissonnantes où se mêlent les attentes féminines, le vent brûlant aux fenêtres ombrées et les parfums des rencontres secrètes. Entrelacs savants et spontanés à la fois où la palette fait s'emmêler sur la toile les ruissellements des heures de verdeur et les éclipses indécises de la rêverie…

Le monde pictural de Gabrielle HERBIET frappe d'emblée par sa sobriété sauvage, son agressivité tendue vers une vision la plus synthétique possible du corps, du couple, du paysage charnel. Avec un minimum chromatique, elle crée une chorégraphie du fondu des chairs et des gestes qui a peut-être pour nous encore cette touche fortement érotique qu'on admirait jadis en effeuillant les carnets de Rodin.

Les débuts de Martine LALOUX sont plus que prometteurs : tout est promesse d'éclosion, de vitalité, de découverte dans sa première exposition. Explorant différents thèmes : le temps, l'incertitude de la condition humaine, la volonté de construire, d'habiter l'espace en alignant des volumes pleins, parfaits ou hérissés de stigmates, elle se veut, chaque fois, porteuse d'une charge symbolique. Elle aussi célèbre, par d'étranges et séduisants couples arachnéens, l'impérieuse nécessité de l'amour, même couvert de signes douloureux.


Un QUATUOR envoûtant d'interprètes de la maturité et de ses ombres fragiles…

Texte: Michel Ducobu


Photographies : Benoit Mehaignoul