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Meunier Joëlle

Dans son style puissant, Joëlle Meunier nous confronte avec le corps de la femme, dans un premier temps, puis avec un complexe de scènes tourmentées où apparaissent des figures extrêmement démonstratives. De quoi ? Du désir, de la peur d’exister, de la force de résistance, de l’angoisse d’être si précaire… Il y a du Michel-Ange dans cet enfer de formes et ce déploiement de membres marmoréens. Et ce n’est pas au plafond des chapelles qu’elle cartonne avec tant de vigueur mais sur la chair rêche de draps tendus comme des voiles dans la tornade…

Texte: Michel Ducobu Novembre 2012


Face aux dessins de Joëlle Meunier, s’offrent deux niveaux de lecture : d’une part sur “l’esthétique d’un premier regard, le premier coup d’ œil porté sur l’œuvre , son occupation dans l’espace du tableau, l’équilibre formel qui s’en dégage”, et d’autre part, sur l’aura de mystère qui entoure la femme.

Pour l’artiste, il s’agit d’un mode personnel de réflexion créative, qui par une proposition plastique réaliste, permet de voir en profondeur. Elle s’adresse à notre imagination par les nombreuses modulations de la lumière, qu’elle organise sur la surface de sa toile, mais aussi par les déformations et distorsions, qu’elle fait subir à son trait, à son modèle.

Les dessins qu’elle nous présente aujourd’hui ne sont plus essentiellement monochromes, ils se sont enrichis de rehauts colorés. Cette couleur, valeur ajoutée, reste certes dans la retenue, l’estompage, la variation encore subtile, semblable à la réflexion plastique de l’artiste : tout dans le “non dit”, la nuance.

Le trait , lui , a gardé sa violence du début, incisif, virulent , comme le propos ; seules, les surfaces modulées se sont faites plus sensuelles, plus subtiles ; la palette , quant à elle, s’est élargie, enrichie.

L’art de la maturité semble aujourd’hui s’installer, il se retrouve tant dans la ligne que dans le fond , toujours au service du corps, son irrésistible passion.

Texte: J-L Martin






De chairs et d’encres ...

Sans complaisance, l’œuvre de Joëlle Meunier, nous renvoie à notre condition d’êtres éphémères. Elle jette le doute sur l’homme par la présence obsédante des corps vêtus ou dévoilés dans une nudité crue.
Elle tord l’apparence en la dépouillant de tout artifice social.
Les points de vue choisis par l’artiste, plongée ou contre-plongée, accentuent la facture des axes dynamiques et confèrent aux motifs densité, lourdeur, pesanteur. Ils traduisent ainsi de façon éloquente, l’expression psychologique de chaque fragment de corps.
Joëlle Meunier exploite divers médiums : fusain, encre de chine, pastel gras, lavis. La superposition et le traitement de ces moyens techniques donnent à la matière une profondeur en explorant la progression des contrastes. Certaines œuvres expérimentent comme support le drap de lit.
Vierge ou rehaussée d’une fragile broderie, l’étoffe de lin ou de coton vibre par la qualité de sa matière et par son pouvoir d’évocation anecdotique. Tantôt arènes de joutes érotiques, tantôt champ nuptial, tantôt surface de solitude glacée, enfin suaire. Le drap tel une membrane protectrice, nous accompagne de l’aube au crépuscule de nos vies.
L’explosion des macules obscures de l’encre fixe les éléments figuratifs dans l’espace de la toile et renforce ainsi la vocation spatiale de la tache. Les larmes des lavis éludent la forme et effacent partiellement l’identité des chairs.
La luminosité blanche des fonds gagne la surface par la transparence des lavis et nous autorise des respirations de sérénité. Les plages immaculées s’épaississent graduellement jusqu’à l’opacité totale des ombres épidermiques.
Les dessins de Joëlle Meunier se lisent comme des partitions anthropologiques et des réflexions visuelles sur les douleurs enfouies au plus profond de l’enveloppe charnelle.

Texte: Catherine Charlier, Août 2009.